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Après le Blanche Neige comico-burlesque de Tarsem Singh décevant il y a deux mois, le célèbre conte des frères Grimm se voit offrir une nouvelle adaptation. Cette fois c'est Universal qui se propose de faire entrer ce conte de fée dans le format du blockbuster à grand renfort d'action et d'effets spéciaux. Après d'énormes déceptions comme Le Chaperon Rouge de Catherine Hardwicke, reste à savoir si un tel format peut convenir aux contes de notre enfance.
Il était une fois un royaume où les habitants dansaient et chantaient. Le roi et la reine eurent une fille qu'ils appelèrent Blanche Neige car elle avait les lèvres rouge sang et les cheveux noirs comme la nuit. Tout allait pour le mieux. Jusqu'au jour où la sorcière Ravenna séduisit le roi et devint reine du royaume. Après s'être emparée du trône, la reine maléfique jette la jeune Blanche Neige aux cachots et un règne de malheur commence. Une faible résistance s'organise dans les rangs des loyalistes mais c'est surtout Blanche Neige qui pourra faire basculer le destin de son royaume en soulevant la population contre Ravenna.

Comme souvent dans ce genre de productions, l'idée est de faire passer Blanche Neige du conte à l'épopée. L'histoire originelle du conte est prise comme postulat
de départ et le scénario ajoute ensuite une dimension épique en dépit de l'original. Dès lors, Blanche Neige se transforme progressivement en une sorte de Jeanne d'Arc capable de soulever une
armée pour ensuite faire le siège du château imprenable de Ravenna. L'action vient donc rythmer le film à travers des scènes de batailles, de duel ou encore de course-poursuite. Tout ce qu'il
faut pour qu'un blockbuster marche.
Mais la réécriture du conte original ne s'arrête pas là. Car pour tenir un film de plus de deux heures, le scénario doit aussi mettre en place des personnages un peu plus développés qu'à l'accoutumée. Cela passe ainsi par une mise en situation qui prend du temps mais aussi par un développement du personnage de Ravenna, chose qui n'avait pas été faite dans le conte des frères Grimm. A noter que le personnage du chasseur, joué par Chris Hemsworth, fait son apparition dans ce film. Il joue principalement le rôle de guide pour une Blanche Neige fragile au départ. On notera avec plaisir que l'habituel triangle amoureux et toute la rivalité que cela suppose entre les deux prétendants est plutôt évité dans l'ensemble, ce qui n'est pas souvent le cas dans ce genre de production.
Le film est aussi servi par sa réalisation. En effet, Rupert Sanders signe ici son premier film après avoir exercé le métier
de réalisateur de publicités et cela se sent à l'écran. En effet, certaines séquences sont tout bonnement sublimes esthétiquement parlant. De plus, le film mêle l'esthétique du merveilleux et du
fantastique, ce qui donne à Blanche Neige et le Chasseur un
caractère unique dans cette longue tradition d'adaptations de ce conte. La féérie est opposée au chaos et le film de Rupert Sanders est par bien des aspects très sombre, ce qui lui donne un
cachet assez particulier.
Le casting nous réserve un certain nombre de têtes connues. Si Kristen Stewart et Charlize Theron tiennent la dragée haute aux
hommes dans le film, on regrettera qu'à force de trop vouloir donner de la voix elles finissent par donner dans la caricature à certains moments. Chris Hemsworth continue à jouer ses rôles de
grand musclé à l'accent rustique, sans pour autant apporter de plus-value à son jeu. Enfin, on retrouvera Ian McShane et Nick Frost dans le rôle de deux nains. Des nains qui, pour une fois, ne
sont pas traités comme le rouage comique du film, ce qui est assez nouveau pour le noter.
La transition du conte à l'épopée, même si elle peut paraître surprenante, est plutôt réussie. Les gros moyens de cette production ont permis la
réalisation d'effets spéciaux plutôt bons, de scènes d'action rythmée et d'un univers à la fois sombre et esthétiquement travaillé. Même si les deux films sont très différents, on notera que le
film de Tarsem Singh n'arrivait pas à ses fins tandis que le cahier des charges de Blanche Neige et le Chasseur est tout à fait rempli. Ainsi, le
premier film de Rupert Sanders n'est bien évidemment pas le film du siècle mais aura le mérite d'être plutôt convaincant dans son genre.
Cette critique en audio pour cinewebradio.com :
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